Cette question m’est venue en repensant à MSN, Caramail et MySpace.
Pour beaucoup de personnes de ma génération, ces plateformes ont été nos premières expériences sociales sur Internet.
- MSN nous apprenait à discuter.
- Caramail nous faisait rencontrer des inconnus.
- MySpace nous permettait de construire une identité numérique bien avant Instagram.
Puis les usages ont changé.
- MSN a disparu.
- Caramail a disparu.
- MySpace existe toujours, mais il n’occupe plus la même place qu’autrefois.
Et pourtant, malgré tous ces changements, une technologie de la même époque est toujours là : le courriel.
Il n’est plus particulièrement excitant, personne n’ouvre sa boîte courriel pour suivre les tendances (quoi qu’avec les infolettres…), mais il continue d’exister parce qu’il répond encore à un besoin.
C’est ce qui me fait réfléchir à Facebook.
Depuis plusieurs années, on entend régulièrement qu’il est en déclin, qu’il vieillit, que les jeunes préfèrent d’autres plateformes. Et c’est probablement vrai.
Les générations Alpha et Bêta développeront sans doute leurs habitudes ailleurs.
Mais est-ce vraiment un problème ?
Après tout, Facebook n’a peut-être plus besoin d’être le centre du monde pour continuer d’exister.
Aujourd’hui, beaucoup l’utilisent pour :
- garder contact avec leur famille ;
- suivre des groupes locaux ;
- organiser des événements ;
- acheter ou vendre sur Marketplace ;
- participer à des communautés.
Des usages finalement assez différents de ceux qui ont fait sa popularité initiale.
En y pensant, je me demande si le véritable avenir de Facebook n’est pas là. Non pas devenir le prochain TikTok ou de rester éternellement la plateforme dominante, mais devenir une infrastructure sociale du web, quelque chose d’un peu banal, d’’un peu moins tendance mais toujours utile.
Un peu comme… le courriel.
D’ailleurs, si j’étais Meta, ma principale inquiétude ne serait peut-être pas le vieillissement de Facebook. Je me demanderais plutôt comment les prochaines générations construiront leurs premiers souvenirs numériques.
Car une plateforme ne devient pas vieille quand ses utilisateurs vieillissent.
Elle devient vieille quand les nouvelles générations n’y créent plus leurs premiers souvenirs.
Et c’est peut-être là toute la différence entre une mode et une institution.
Je me demande souvent lesquelles de nos plateformes actuelles seront encore là dans vingt ans, et… lesquelles ne seront plus qu’un souvenir.
