De programmeur web à berger

Pourquoi l’IA me donne parfois envie d’élever des chèvres

L’autre jour, je me suis surpris à penser que je serais peut-être plus heureux à élever des chèvres quelque part qu’à essayer de suivre tout ce qui se passe dans le numérique en ce moment.

C’est une image, évidemment.

Mais visiblement, je ne suis pas le seul à ressentir quelque chose de similaire.

En parcourant Reddit ces derniers temps, je tombe sur énormément de publications de développeurs, designers, marketeurs, pigistes et créatifs complètement désorientés.

Certains voient des clients remplacer une partie du travail (ou de leur rôle) par l’IA.

D’autres parlent du vibe coding qui donne l’impression que des années d’expérience deviennent soudainement “moins rares”.

Et beaucoup de réponses tournent autour de la même idée :

↔️ diversifiez vous;

🔎 faites du SEO;

🏷️ touchez aux ads;

🖥️ soyez multi-plateformes;

✍ créez du contenu;

😎 développez votre branding personnel;

🌍 devenez plus visibles;

{Ajoutez-en d’autres …}

Comme si, du jour au lendemain, être compétent dans son métier ne suffisait plus vraiment.

Ce que je trouve intéressant par contre, c’est qu’au milieu de cette espèce de chaos, une autre idée revient souvent : la valeur semble tranquillement se déplacer de l’exécution… vers la relation.

Moins : “je produis quelque chose”.

Plus : “je comprends le contexte, j’aide à décider, je rassure, j’accompagne.”

Pendant longtemps, beaucoup de métiers du web pouvaient fonctionner avec une posture assez silencieuse : recevoir une demande, exécuter, livrer.

Aujourd’hui, avec l’IA, les Template/modèles, l’automatisation et les outils qui évoluent chaque semaine, cette posture semble devenir plus fragile.

Alors plusieurs essaient maintenant de construire autre chose :

  • une présence,
  • une crédibilité,
  • une voix,
  • une relation plus collaborative avec leurs clients.

Et honnêtement… je comprends et c’est ce que je monte tranquillement.

Parce qu’au final, plus la technologie avance, plus j’ai l’impression que les qualités humaines reprennent de la valeur que ce soit la clarté, le recul, la confiance, la capacité à connecter les points, et simplement… être quelqu’un avec qui on veut travailler.

Je ne pense pas que tout ça signifie “la fin” des métiers créatifs ou techniques.

Mais clairement, quelque chose est en train de changer dans notre rapport au travail, à la légitimité professionnelle et même à notre identité.

Et je pense qu’on est beaucoup à essayer de comprendre ça en même temps.